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Témoignage : au service de la langue française dans les écoles chrétiennes

Témoignage : au service de la langue française dans les écoles chrétiennes

Marie-Madeleine Santos, vous travaillez actuellement au sein du Service de coopération et d'action culturelle du Consulat général de France à Jérusalem, après deux ans en tant que volontaire DCC (Délégation Catholique pour la Coopération), où vos missions ont été soutenues par l'Ordre du Saint-Sépulcre. Pouvez-vous nous parler de cette expérience dans deux écoles chrétiennes, et ce qu'elle vous a apporté ?

J’ai fait une première mission en Jordanie dans la paroisse d’Al Fuheis, en tant qu’assistante de langue française auprès des élèves du primaire et du secondaire. Puis, forte de cette expérience, j’ai accepté une nouvelle mission à Ramallah, à l’école grecque melkite, « Notre Dame de l’Annonciation », en tant qu’assistante de langue.

Certes les écoles enseignent le français (pour la plupart depuis leur création) mais les élèves ne sont pas exposés à un environnement francophone. A la maison comme à l’école, en dehors des cours, il n’y a personne pour leur permettre de pratiquer, il n’y a pas d’activités pour leur donner envie d’apprendre le français. Alors que l’anglais est omniprésent dans leur quotidien, sur leur téléphone, avec les parents… Il m’a fallu beaucoup de travail et de temps avec l’administration et les professeurs pour ouvrir l’école et surtout les élèves, à une diversité du mode apprentissage/enseignement et pour leur faire découvrir une culture française plus « actuelle » que celle présentées dans les manuels scolaires. Emmener les élèves en sortie à l’Institut français, organiser des activités en français : cuisine, cinéma, conte,…

En fait, un an c’est trop court !!

C’est avec le recul que je mesure aujourd’hui encore tout ce que ces deux années ont pu m’apporter. On entend souvent parler « d’ouverture d’esprit », de « respect des différences », de « vivre ensemble ». Partir à l’étranger permet de les mettre en pratique. J’ai été confrontée à un véritable choc des cultures et cela m’a fait grandir. La relation à la foi, à l’autre, à la terre est très différente de l’environnement « européen » dans lequel j’ai grandi, tant en Jordanie qu’à Ramallah et à Jérusalem.

J’ai appris à dépasser les premiers obstacles pour composer et construire avec les communautés qui m’ont accueillie. Etre « au service » de l’Eglise qui m’envoie et qui m’accueille durant ces deux missions m’y a grandement aidé et m’a ouvert des portes.

Depuis quelques mois, vous êtes en charge de l'accompagnement des écoles privées de Palestine, pour le Consulat général de France. Pouvez-vous nous donner les grandes lignes de votre mission ?

Je suis basée au Service de coopération et d’action culturelle à Jérusalem. J’assure le suivi des programmes et des actions dans le cadre de la coopération avec les écoles privées palestiniennes, notamment les programmes de formation des professeurs de français.

J’anime également le réseau des partenaires locaux et français comme la DCC, le Réseau Barnabé avec qui nous mettons en œuvre les actions en faveur des établissements.

Avec l’ensemble de l’équipe éducative, je participe à la mise en œuvre des activités d’environnement francophone, à la conception de matériel pédagogique et didactique, à l’organisation es examens nationaux de français (DELF, DALF).

Comme dans de nombreux pays du monde, le fonctionnement des écoles a été, et demeure, fortement perturbé par la crise sanitaire actuelle. Comment se sont passés les derniers mois ?

De mars (fermeture des écoles le 5 mars) à août 2020, j’étais encore volontaire au sein de l’école melkite. Comme partout la situation a été très difficile. Ici, on utilise très peu l’outil informatique pour l’apprentissage. Les familles sont peu, voire pas équipées. Idem pour les professeurs. Avec une collègue nous avons créé des jeux interactifs et ludiques pour permettre aux élèves de faire des révisions en attendant une potentielle reprise. Mais ce n’était pas suffisant. Avec le camp d’été (organisé tous les étés avec le Réseau Barnabé) annulé, les élèves n’ont pas pratiqué le français pendant 6 à 7 mois.

Je pense que la conséquence économique de cette pandémie est d’autant plus désastreuse en Palestine, car beaucoup de familles vivaient du tourisme. Faute de pouvoir payer la scolarisation des enfants, certaines familles ont dû se tourner vers les écoles publiques.

De nombreuses écoles en Palestine et Jordanie seraient très heureuses d'accueillir un jeune (ou moins jeune) volontaire français pour participer à l'enseignement de notre langue auprès des élèves, pour un ou deux ans, quand les frontières pourront se rouvrir, d'ici quelques mois. Au regard de votre expérience, que diriez-vous à ceux qui pourraient être intéressés par cet engagement ?

C’est une expérience unique. Il ne faut pas s’attendre à ce que tout se passe bien et exactement comme sur la fiche de poste. Il y aura des moments difficiles, des moments où la famille et les amis nous manquent. Mais, vous ne serez jamais seul. Je n’oublierai jamais ces moments où je rentrais après une longue journée à l’école : il y avait toujours une voiture qui s’arrêtait pour me proposer de me ramener chez moi. Je ne les connaissais pas, mais eux me connaissaient, j’étais dans la classe de leur enfant, ou bien ils m’ont vu à la paroisse et c’était leur façon de me remercier. Lorsque j’entre dans un supermarché, on me sourit, on discute avec moi.

Rien de ce que vous ferez ne sera perdu, vos efforts ne seront pas vains. Plus que vos compétences professionnelles, c’est votre personnalité, vos valeurs, votre culture que vous allez partager. Un jour un peu plus difficile que les autres, Abouna Twal m’a dit : «soyez patiente, votre présence suffit». Il m’a fallu des mois pour comprendre et accepter cette phrase qui finalement a bouleversé tout le reste de ma mission et la mission suivante et m’a donné envie de continuer. Alors, aux futurs volontaires, je voudrais leur dire à mon tour « votre volonté, votre présence, suffit. Partez les mains ouvertes et vous recevrez bien plus que vous ne pouvez donner ».

Illustration : visite de l'équipe du Service de coopération et d'action culturelle à l'école des soeur de Saint-Joseph, Ramallah.

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